Carlo Acutis : le premier saint 2.0 ?

 

«Nous sommes tous originaux, mais beaucoup vivent comme s’ils étaient des photocopies»,

disait Carlo Acutis dans une de ses citations devenue célèbre et reprise par le Pape François dans Christus Vivit (CV106). Ce jeune italien né en1991, décédé en 2006 à l’âge de 15 ans d’une leucémie foudroyante, a vécu une existence profonde, marquée par une foi extraordinaire et un lien unique avec François d’Assise.

« Le pape François l’aime parce qu’il montre qu’il est possible d’être saint avec un portable dans la main. Nous passons une grande partie, sinon l’essentielle partie de notre vie, devant les écrans : ils ne doivent pas faire écran entre nous et Dieu, mais doivent nous ouvrir un passage vers Dieu. » (Père Will Conquer).

Carlo Acutis sera béatifié le 10 octobre 2020, à Assise.

 



Prière officielle pour la demande de béatification et de canonisation du Vénérable de Dieu Carlo Acutis :

 

Ô mon Père,
Toi qui nous as donné le témoignage ardent du jeune Vénérable Carlo Acutis,
qui de l’Eucharistie fit le centre de sa vie et la force de son engagement quotidien parce que les autres aussi T’aimaient plus que tout,
fais qu’il puisse être bientôt élevé parmi les Bienheureux et les Saints de Ton Église.

Confirme ma foi, alimente mon espoir, vivifie ma charité, à l’image du jeune Carlo,
qui, en grandissant imprégné de ces vertus, vit désormais auprès de Toi.
Accorde-moi la grâce dont j’ai tant besoin…

Je m’en remets à Toi, mon Père, à Ton doux Fils Jésus, à la Vierge Marie, notre si douce Mère,
et à l’intercession de Ton Vénérable Carlo Acutis.

Imprimatur Curie archiépiscopale Mediolanensi
6 octobre 2014 Angelo Mascheroni

 


Quelques bonnes lectures pour mieux connaître Carlo :

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Description

La vie de Carlo Acutis,

racontée par sa maman (Antonia Acutis)

 

« Madame, votre fils est spécial ». Cette phrase, Antonia Acutis l’a entendue souvent : de la part du curé de la paroisse, des enseignants, des camarades de classe, du concierge de l’immeuble où ils avaient emménagé en 1994, trois ans après la naissance de Carlo… ce garçon mort à quinze ans qui sera béatifié le 10 octobre 2020 à Assise.

Au fond, Carlo était un garçon normal : vif, beaucoup d’amis et une passion pour l’informatique. Mais ce côté spécial porte un nom : Jésus, l’Ami. Mais ce “petit monstre”, qui lisait souvent la Bible et la vie des saints, me posait beaucoup de questions profondes auxquelles je ne savais pas répondre. Sa dévotion me laissait perplexe. Il était si petit et tellement sûr. Je comprenais que cela lui appartenait mais cela m’interpelait aussi. C’est ainsi que j’ai commencé à me rapprocher de la foi. Je l’ai suivi ».

 

À sept ans, Carlo demande à recevoir la Première Communion. Le 16 juin 1998, il reçoit l’Eucharistie dans le silence du monastère de la Bernaga, à Perego, près de Lecco. La vie de Carlo est normale avec un point fixe spécial : la messe quotidienne car il disait : « l’Eucharistie est mon autoroute pour le Ciel. Nous avons plus de chance que les Apôtres qui ont vécu il y a 2000 ans avec Jésus : pour Le rencontrer il nous suffit d’entrer dans une église. Jérusalem c’est la porte à côté ». Il se confesse souvent parce que « tout comme la montgolfière a besoin de lâcher du lest pour s’élever, de même, pour s’élever au Ciel, l’âme a aussi besoin d’enlever ces petits poids que sont les péchés véniels ». Ce sont les mots simples d’un jeune garçon qui désire rester avec cet Ami qui lui demande tout. Et surtout de lui rendre témoignage par sa vie.

Carlo a un caractère fort, impétueux. Sa passion pour l’informatique lui fait étudier de nouveaux programmes et il aime aussi jouer à la Play station avec ses amis. À l’école, il est l’ami de tous mais surtout de ceux qui en ont besoin. Ses camarades cherchent sa compagnie, même ceux qui ne croient pas. Ils lui demandent conseil, de l’aide. Dans sa chambre il a un grand portrait de Jésus et tout le monde peut le voir. Il invite ses camarades à la messe, à se réconcilier avec Dieu. Il écrit dans un carnet : « La tristesse c’est le regard tourné vers soi-même, le bonheur c’est le regard tourné vers Dieu. La conversion n’est rien d’autre que déplacer le regard du bas vers le haut. Il suffit d’un simple mouvement des yeux ».

Tout le monde le connaît dans le quartier. Quand il passe en bicyclette, il s’arrête pour saluer les concierges ; beaucoup sont extracommunautaires, musulmans, hindouistes. Il leur parle de lui, de sa foi. Eux, ils écoutent ce garçon tellement sympathique et affable. Au déjeuner il fait mettre les restes de nourriture dans des boîtes qu’il apporte aux clochards de la zone. Chez lui, l’employé de maison s’appelle Rajesh, il est hindouiste, bramine. Entre lui et Carlo naît une amitié profonde ; à tel point que Rajesh se convertit et demande à recevoir les Sacrements. Rajesh : «Il me disait que je serais plus heureux si je me rapprochais de Jésus. J’ai demandé le baptême chrétien parce qu’il m’a contaminé et foudroyé avec sa foi profonde, sa charité et sa pureté. Je l’ai toujours considéré comme hors norme parce qu’un garçon aussi jeune, aussi beau et aussi riche préfère normalement vivre différemment ». Avec ses économies, Carlo achète un sac de couchage pour le clochard qu’il voit quand il va à la messe ou bien il les donne aux capucins qui servent des repas aux sans abri.

En 2002, il accompagne ses parents à un rassemblement chrétien et est fasciné par les personnes qu’il rencontre et par les expositions qu’il visite. Il a une idée : une exposition sur les miracles eucharistiques. De retour à Milan, il se met au travail. Ses connaissances informatiques lui sont d’une grande aide. Il s’y met corps et âme. Il se documente, demande à ses parents de l’accompagner à travers l’Italie et l’Europe pour récolter du matériel photographique. Il implique tout le monde, « épuise » trois ordinateurs, mais trois ans plus tard l’exposition est prête. Grâce à un bouche à oreilles inattendu, l’exposition est demandée non seulement dans les diocèses italiens mais aussi dans le monde entier.

Durant les vacances d’été 2006, Carlo demande à sa mère : « D’après toi, je dois devenir prêtre ? ». Elle répond simplement : « Tu le comprendras tout seul. Dieu te le fera comprendre ».

Début octobre, Carlo tombe malade. On dirait une simple grippe mais il s’agit en fait d’une leucémie foudroyante. Il n’y a aucune possibilité de traitement. Lorsqu’il passe le seuil de l’hôpital il dit à sa mère : « Je ne sortirai pas d’ici ». Quelques jours plus tôt il avait dit à ses parents : « J’offre les souffrances que j’aurai à subir au Seigneur, pour le Pape et pour l’Eglise, pour ne pas faire le Purgatoire et aller tout droit au Paradis ». Les souffrances arrivent mais, à l’infirmière qui lui demande comment il se sent, il répond : « Bien. Il y a des gens qui vont moins bien. Ne réveillez pas maman, elle est fatiguée et se ferait encore plus de souci ». Il demande l’onction des malades. Il meurt le 12 octobre.

Le jour de ses funérailles l’église et le parvis sont bondés. Sa mère raconte : « J’ai vu des gens que je n’avais jamais vu ni connu avant. Des Clochards, des extracommunautaires, des enfants… Beaucoup de personnes qui me parlaient de Carlo, de ce qu’il avait fait et dont je ne savais rien. Ils me témoignaient la vie de mon fils et je me sentais orpheline ».

Un témoignage qui continue au-delà de la mort et qui a transformé la vie de tant de personnes. À travers ceux qui l’ont connu et par l’internet, son histoire et ses pensées sont connues. Pour beaucoup de jeunes il devient un exemple de la manière dont il est possible de vivre la foi. Certains racontent leur propre conversion ; et son œuvre se poursuit au travers de l’exposition qui arrive jusqu’aux confins de la terre : Chine, Russie, Amérique Latine, États Unis (exposition accueillie par des milliers de paroisses et plus de 100 universités).

« C’est au ciel qu’il est devenu prêtre » dit sa mère. « Lui qui ne comprenait pas que les stades soient pleins pour des concerts et que les églises restent tellement vides. Il répétait : “Ils doivent comprendre” »


Ouverture de la tombe de Carlo, quelques jours avant sa béatification